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Vincent Cassel, faux rebelle et vrai snob

Invité de l’émission « Conversation secrète », présentée par Michel Denisot sur Canal+, Vincent Cassel en a profité pour déraper lourdement. « L’an dernier, j’étais encore un peu prétentieux, cette année je suis parfait », disait Frédéric Dard. Cette citation ne s’applique probablement pas à Vincent Cassel, parfait depuis sa naissance, exempt de vices et de défauts… En réponse à une question relative à la montée du Front national, l’acteur n’a rien trouvé de mieux à répondre, à propos des électeurs et des militants du mouvement susnommé, que : « Je vois une bande de mecs grossiers, vulgaires, incultes, énervés. »
Si je ne me considère pas grossier, ni vulgaire, je regrette de n’être pas assez cultivé. L’est-on d’ailleurs jamais assez ? Pour qualifier un bon tiers des Français d’« incultes », il faut avoir une grande confiance en soi. N’est-ce-pas, d’ailleurs, le propre des grossiers personnages que d’être arrogants et aveugles quant à leur condition ? Bref, il s’agit une fois de plus de la fable du crapaud dont la bave ne peut atteindre la blanche colombe. Avant d’insulter l’autre, il faut s’assurer d’être soi-même irréprochable, ce qui n’est pas le cas de Vincent Cassel ; lequel est connu dans les milieux informés pour ses manières de voyou et son impolitesse tout à fait typique de l’enfant privilégié ayant trop fantasmé devant les films de gangsters américains.
L’homme du peuple, plus digne, sait qu’il est bon de tourner sept fois sa langue dans la bouche avant que de l’ouvrir. Cependant, l’homme du peuple peut s’énerver lorsqu’il est injustement et quotidiennement calomnié par de petits « artistocrates » affichant à la boutonnière une morgue stupéfiante, comme d’autres la Légion d’honneur. Comment peut-on ne pas être énervé lorsque notre pays sombre dans les abîmes de la médiocrité culturelle, perd sa souveraineté, ridiculise son peuple et se laisse envahir sans broncher ? On ne le peut qu’en vivant dans sa tour d’ivoire brésilienne, coupé des réalités terribles de la France, tel Vincent Cassel.
Sa prétention lui fait oublier qu’il n’est pas un Français comme les autres, que la patrie est le bien de ceux qui n’ont rien. En effet, Vincent Cassel possède beaucoup et le monde est son terrain de jeu. Que la France s’effondre n’est pas son problème, après tout il vit au Brésil ! Doit-on, par contre, lui rappeler que sans la France et les subventions accordées au cinéma (notamment pour le film La Haine, qui l’a fait connaître et dont la réalisation d’une suite est envisagée), il n’aurait peut-être jamais pu vivre tranquillement dans le luxe ? Sans ces Français vulgaires, incultes, grossiers et énervés, lui resterait-il un public pour payer les places de cinéma qui le font vivre ? Non et non. Alors, de grâce, un peu de décence, Vincent Cassel. Respectez les Français qui se battent pour que leur pays conserve la grandeur qui lui a permis de survivre à toutes les épreuves, grandeur sur laquelle vous capitalisez en tant que « Frenchy » du cinéma étranger.

http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/vincent-cassel-pseudo-rebelle,182889

Gabriel Robin


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