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L’Etat méprise les artisans d’art, une honte doublée d’une absurdité

L’Etat méprise les artisans d’art, une honte doublée d’une absurdité

 

Depuis l’année 2002, les musées de France ont l’obligation de travailler avec les diplômés de la Sorbonne, de l’Institut national du Patrimoine, des Beaux Arts de Tours, et de l’école d’art d’Avignon, pour les travaux de restauration. Les artisans d’art, y compris les meilleurs ouvriers de France, sont donc exclus des appels d’offres.

 

La Voix du Nord a récemment rapporté le cas tragique de David Grigny, ébéniste. Après 2002, l’homme a perdu 60 % de son chiffre d’affaires. En effet, les chantiers patrimoniaux lui étaient essentiels. Cette perte de revenus a brisé David Grigny, désormais sans le sou, suite à la fermeture de son atelier 2008. Pourtant à la lecture de son curriculum vitae, rien ne le laisse présager, tant ses qualifications sont éloquentes : titulaire du CAP de menuiserie, sculpture et ébénisterie, titulaire du BEP, compagnon du tour de France, et, honneur suprême, meilleur ouvrier de France en restauration de meubles d’art !

 

David Grigny a déclaré au journaliste de La Voix du Nord que : « Dans ce pays, on n’apprécie pas les gens de la filière professionnelle. Pour les chantiers de patrimoine, alors que c’est notre métier, que nous avons un vrai savoir-faire, ils les confient à des gens qui sortent de grandes écoles. Après, dans les reportages, tu vois des gars avec des pinceaux qui font du dépoussiérage… Évidemment, ils ne savent pas tenir un outil ! Et le peu de connaissances techniques qu’ils ont, ils les ont apprises en faisant des stages chez des gens comme nous ! Mais si sur une armoire, il manque une moulure, ils seront incapables de la refaire ! Parce que la restauration, ça demande des compétences professionnelles. Ébéniste, c’est un métier ! Sculpteur aussi, marqueteur, charpentier ! Il faut une vie pour faire un bon luthier ! ». Il n’y a rien à ajouter à ce constat d’une grande justesse.

 

Les élites déconnectées du ministère de la Culture, n’ont jamais daigné répondre à David Grigny, et encore moins faire évoluer la législation. Au contraire, le Collectif Culture s’engage à faire des propositions en ce sens. Nos artisans d’art doivent pouvoir vivre de leur art. Les meilleurs ouvriers de France, et les compagnons du tour de France, doivent être reconnus de la même façon que les diplômés des universités. Leur savoir faire millénaire appartient au patrimoine immatériel de l’Unesco. Aujourd’hui, certaines techniques sont menacées de disparition. Prenons exemple sur le Japon, où les artisans d’art sont célébrés comme des trésors nationaux vivants.

 

En conséquence, nous soutenons avec la plus grande détermination, David Grigny, ainsi que tous les artisans d’art, et les compagnons du Tour de France, dans leur démarche.

 

Gabriel Robin – Secrétaire Général

 

Lien : http://m.lavoixdunord.fr/region/haisnes-meilleur-ouvrier-de-france-il-ne-peut-meme-plus-ia30b53950n2934316


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