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Les « Républicains » n’aiment pas trop la culture en Haute-Garonne

Les Rencontres du Livre et du Vin étaient un des rares, et bons, festivals autour du livre en région Midi-Pyrénées. Elles avaient, de surcroît, l’originalité d’y mêler Dionysos à Clio et Terpsichore. En effet, des producteurs de vins du grand sud (Fronton, Gaillac, Corbières, Côtes du Roussillon, Muscat de Rivesaltes…) venaient également initier le public aux cépages de notre terroir.

 

Ce festival rencontrait ainsi un succès mérité : en 2013, 8000 visiteurs ont arpenté ses allées durant trois jours, rencontré des auteurs (dédicaces ou tables rondes thématiques), participé à des ateliers (écriture, littérature jeunesse), assisté à des projections cinéma ou à des concerts.

 

Les auteurs invités étaient de premier plan (Michel Onfray, Claudie Gallay, François Bégaudeau) et l’accent était  également mis sur la francophonie (l’académicien Dany Laferrière, Alain Mabanckou, Patrick Chamoiseau, Scholastique Mukasonga). Autre atout de ces Rencontres, le vaste coup d’éclairage donné aux auteurs de notre région : Alain Monnier, Bartolomé Bennassar (spécialiste de l’histoire espagnole à la faculté du Mirail), Pierre Le Coz, Frédérique Martin, Christian Authier, ou les polardeux Pascal Dessaint, Sire Cedric, Benoît Séverac… pour n’en citer que quelques uns. Y était également décerné un prix littéraire primant un auteur issu du Grand Sud.

 

La quinzième et dernière édition du festival s’est tenue en 2014, autour du thème de la Grande Guerre (1914-18).

 

Las, lors de sa campagne électorale, le nouveau maire UMP/républicain de Balma, Vincent Terrail-Novès, déclarait que « le Salon du Livre et du Vin coûte chaque année plusieurs centaines de milliers d’euros. Peut-être devrions-nous l’espacer tous les deux ans. »

 

Outre qu’il racontait n’importe quoi (le salon coûte 110 000 euros et non « plusieurs centaines de milliers d’euros » – il n’a qu’un permanent mais le budget est essentiellement lié à la venue des auteurs), Vincent Terrail-Novès décidait alors d’espacer le festival tous les deux ans (au lieu du rythme annuel).

 

Mais depuis, silence radio, aucune annonce de l’édition 2016 promise ne voit le jour… Or on se doute que l’organisation d’un tel festival demande de l’anticiper un minimum (ne serait-ce que pour programmer des auteurs à l’agenda chargé).

 

Il serait dommage qu’un des seuls festivals autour du livre,en périphérie toulousaine, ne disparaisse (avec le Marathon des Mots, moins sympathique et enraciné à nos yeux – et qui coûte la bagatelle de 750 000 euros, soit presque 7 fois celui de Balma – avec 400 000 euros de subventions de la Communauté urbaine Toulouse Métropole). Les Rencontres du Livre et du Vin de Balma nous paraissent plus populaires, et moins « strass et paillettes » que le Marathon des Mots, et plus attachées à notre identité culturelle sudiste, française et francophone.

 

Avis à la population et à M. Novès qui, en août dernier, donnait un aperçu de la culture telle qu’il l’aime, c’est-à-dire indigente. A ce rythme, peut-être remplacera-t-il un jour les Rencontres du Livre et du Vin par un festival de zumba…

 

Gabriel Robin – Secrétaire Général


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