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Fleur Pellerin dévoile son vrai programme : le multiculturalisme et la discrimination positive

 

Je vous l’indiquais lors de notre première réaction au projet de Loi Pellerin : la volonté totalitaire est partout présente dans ce texte. Le ministre de la culture affirmait à propos de la « liberté de création » (déjà garantie au 19ème siècle) : « La rendre possible, c’est l’élargir au plus grand nombre, au plus près des réalités locales : par un observatoire de la création artistique et des diversités culturelles qui me sera un outil précieux dans le cadre de la mise en œuvre de mes politiques publiques, par une reconnaissance des labels culturels et de tous ces lieux de diffusion que mon ministère accompagne ». Le diable se cache dans les détails, en l’espèce le diable du multiculturalisme et de la discrimination positive se cache dans le futur « observatoire de la création artistique ». Que sera donc cette nouvelle institution, si ce n’est une officine liberticide de plus ? Une officine qui sera chargée de veiller à ce que les associations représentent fidèlement la « diversité », ou bien encore à ce que des quotas d’ « artistes » soient issus de toutes les micro-tribus post-modernes (rejoignant en cela les propos de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, qui réclamait la fin de la télévision des « hommes blancs de plus de 50 ans »).

Creusant le même sillon, Fleur Pellerin a annoncé la nomination d’un haut fonctionnaire chargé de la diversité au sein de son ministère, dans un entretien publié dans Libération ce lundi. Le journal Libération de lundi a été réalisé par les auteurs du « Bondy Blog » à l’occasion des dix ans des émeutes de banlieues de 2005. Fleur Pellerin, probablement désireuse de séduire un électorat désenchanté qui échappe de plus en plus au contrôle moral de la « gauche », a multiplié les déclarations incroyables.

« Dans le théâtre, dans la danse, il y a un problème de représentation. (…) C’est pourquoi j’ai souhaité qu’il y ait auprès de moi un haut fonctionnaire en charge des questions de la diversité (…) pour nous interpeller, pour mettre le doigt où ça fait mal. (…) Nous devons réfléchir à la question de toutes les nominations, aussi bien dans les bureaux que sur scène. », a-t-elle déclaré. Ce haut fonctionnaire, sorte de commissaire politique multiraciste orwellien, devra veiller « à la diversité » dans tous les établissements culturels dépendant du ministère. En somme, il imposera des personnalités sur des critères ethno-culturels, et non plus sur des critères de compétences.

Patrick Kanner, ministre de la ville, doit être ravi, lui qui déclarait il y a quelques mois que : « Les places doivent d’abord aller aux jeunes des banlieues. Ils portent déjà un sac de handicaps tellement lourd, à cause de leurs noms, de leur adresse, etc. Donner plus à ces jeunes qui ont moins que les autres me semble une démarche essentielle. L’équité républicaine, c’est cela. »

La « discrimination positive » est une antiphrase ; en effet, toute discrimination se fait au détriment de quelqu’un. Vieux serpent de mer politique, héritier de l’« affirmative action » états-unienne, la volonté de distinguer positivement des groupes sociaux déterminés en raison de leur ethnie ou de leur religion contrevient au principe républicain de l’égalité des citoyens devant la loi. La compensation en aval d’inégalités socio-économiques sur des critères supposément biologiques, culturels ou ethniques n’est pas une nouveauté en France. Par exemple, la loi sur la parité relevait déjà d’une politique de discrimination positive uniquement mue par une idéologie égalitariste forcenée qui tend au totalitarisme lorsqu’elle est étendue à tous les domaines de la société.

La première tentative de politique de discrimination positive sur des critères ethniques en France date de l’année 1990 ; le ministre de la Défense d’alors, Jean-Pierre Chevènement, avait publié une directive pour favoriser l’accès des JFOM (jeunes Français d’origine maghrébine) aux permis de conduire et aux grades supérieurs, au détriment des Français d’origine européenne. Cette politique était clairement raciste et suscita une levée de boucliers des officiers supérieurs. Ce n’était pourtant que partie remise, car au cours des 25 années qui ont suivi, ce thème fut central : tant dans l’éducation supérieure avec les mesures du directeur de Sciences Politiques Paris, monsieur Richard Descoings, que dans les discours de Nicolas Sarkozy en 2007, qui demandait des quotas ethniques dans les embauches en entreprise.

Aujourd’hui, le gouvernement, Fleur Pellerin en tête, s’empare à nouveau opportunément du sujet après la série de terribles attentats islamistes en cours en 2015, trahissant par là l’échec total de l’intégration d’une grande partie de la population immigrée venue s’installer en France lors des quarante années écoulées. Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, affirmait sa volonté de mettre en place des mesures de discriminations positives dans une interview donnée au Figaro le 31 janvier 2015. Craignant de nouvelles émeutes dans les « quartiers », le ministre entend acheter une paix sociale devenue désormais inatteignable… Fleur Pellerin lui emboite le pas dans le domaine culturel.

Nos dirigeants sont veules, incapables d’analyser honnêtement la situation et les tensions qui découlent des oppositions communautaires. Ils veulent à tout prix maintenir une illusion mortellement dangereuse qui conduit la France à la division, encourageant les Français de la « diversité » ou des « quartiers » à cultiver leurs particularismes et à haïr la France. La discrimination positive sera négative pour les « petits Français », les fameux « petits blonds » qui « emmerd(aient) » l’ex-candidat UMP à la législative partielle du Doubs, monsieur Charles Demouge. Elle sera aussi négative pour les favorisés qui se sentiront une fois de plus confortés dans leur statut d’assistés permanents et de « victimes de la société ».

Quand Fleur Pellerin affirme à Libération que : « Beaucoup de gens ne vont par exemple pas se sentir à l’aise pour aller voir une exposition au Palais de Tokyo. Je le sais très bien moi-même: j’ai mis vingt-cinq ans avant d’oser entrer à l’Opéra de Paris, et pourtant j’adore l’opéra depuis toute petite. », elle n’a pas totalement tort mais omet de préciser que cela vaut pour une très large majorité de la population française, et pas uniquement pour une partie des Français qu’elle catégorise dans une « diversité » fermée et comme sortie de la France historique.

Au Collectif Culture, nous n’entendons pas déshabiller Pierre pour habiller Paul. Nous pensons à tous les Français.

Gabriel Robin – Secrétaire Général


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