Publication

oscars

Boycott de la cérémonie des Oscars : l’art pris en otage

Sidney Poitier est le premier acteur noir américain à avoir reçu l’Oscar du meilleur acteur en 1964 pour sa superbe performance dans le film Le Lys des Champs (eh non ça n’était pas pour Devine Qui vient Dîner ?). Au cours des années 2000, plusieurs acteurs afro-américains ont été récompensés d’un Oscar. Jamie Foxx (Ray) et Forest Whitaker (Le Dernier Roi d’Ecosse) pour le premier prix d’interprétation masculine ; Halle Berry (À l’Ombre de la Haine) pour le premier prix d’interprétation féminine. Mentionnons aussi Twelve Years A Slave, Oscar du meilleur film en 2014 traitant de la période de l’esclavage en Amérique du Nord et réalisé par Steve Mc Queen (artiste contemporain et réalisateur Britannique d’origine Jamaïcaine). Un bilan qui n’a rien de déshonorant pour les représentants de la « communauté afro-américaine » et plus généralement le panafricanisme. J’emploie les deux expressions à dessein car elles correspondent à des réalités sociologiques, politiques et médiatiques en Amérique du Nord.

 

Ces quelques exemples, et d’autres, démontrent que l’industrie du spectacle américaine (j’entends par là Hollywood, l’industrie du disque et la télévision) n’ostracise pas les individus en raison de leur couleur de peau. Au contraire, on assiste à une véritable révolution culturelle tout à fait totalitaire. La plupart des œuvres de fiction contemporaine sont, de nos jours, assujetties au politiquement correct, à la pensée unique et à la propagande. Ces œuvres sont de deux sortes : certaines s’attachent à réviser l’histoire ou les mythes (une série de la chaîne ABC a par exemple créé un Lancelot afro-américain), les autres s’attachent à anticiper le futur de la société multiculturelle positivement représentant le monde « tel qu’on voudrait qu’il soit » et non tel qu’il est. Il faut à tout prix nier la réalité. Cela serait tout aussi insupportable dans l’autre sens. Peut-on imaginer à quel point un film sur Chaka Zulu (roi de la tribu Zoulou) serait ridicule si Brad Pitt en était l’acteur principal ?

 

L’offensive ne s’arrête pourtant pas là. Les puissants lobbys communautaires s’affairent désormais contre la cérémonie des Oscars. Plusieurs acteurs entendent même la boycotter. L’objet de leur courroux ? Le faible nombre d’acteurs noirs en lice pour recevoir un Oscar de l’industrie de l’hébétude hollywoodienne. Même l’excellent acteur Idris Elba (série Luther pour la BBC) s’est laissé emporter par ce torrent de stupidité. Parmi les activistes les plus en pointe, deux noms peu surprenants : George Clooney, jamais en reste quand il s’agit de jouer les Bono de substitution, et Spike Lee, éternel activiste. Ce dernier a même suggéré de créer des quotas !

 

Les acteurs les plus talentueux doivent être récompensés. Les meilleurs films doivent être récompensés. Cela s’appelle la méritocratie, une notion très républicaine. Pourtant, ces débats s’introduisent subrepticement en France. Les acteurs Omar Sy et Roschdy Zem soutiennent d’ailleurs l’initiative. De la même façon, des organismes tels que le Parti des Indigènes font pression pour que les œuvres de fiction intègrent des quotas d’acteurs « issus de la diversité ». Fleur Pellerin n’en a pas moins dit en septembre lors de la présentation de son projet de loi, demandant des mesures de discrimination « positive » destinées à promouvoir la « diversité ».

 

Les associations communautaires, et autres groupes de pression supposément « progressistes », racialisent tous les débats pour saper un à un tous les fondamentaux de notre civilisation. Leur démarche est messianique. C’est à qui sera la victime la plus pure. D’abord les femmes contre les hommes, ensuite les anciens colonisés contre l’ « homme blanc », et ainsi de suite jusqu’à l’avénement du fomme (ou de l’hemme) incolore, inodore et inculte. Les champions de la diversité finiront par en avoir la peau.

 

Il reste heureusement quelques vestiges du passé, des vestiges de beauté et d’intelligence. Charlotte Rampling, nommée dans la catégorie meilleure actrice aux Oscars 2016 pour le film 45 ans, a ainsi déclaré à propos de cette polémique post-moderne : « Je trouve ça raciste pour les blancs. Peut-être que les acteurs noirs ne méritaient pas d’être dans la dernière ligne droite. » Il était temps qu’une personnalité ait le courage de le dire. Bravo et merci à elle.

 

 

rampling

 

 

Gabriel Robin – Secrétaire Général

 

 

Lien : http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/boycott-de-ceremonie-oscars-charlotte-rampling-ose-dire-non,233708

 


[ Si cet article vous a plu n'oubliez pas de faire un don. ]

Soyez le premier à publier un commentaire.