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Visite de Rohani à Rome ou le principe de soumission préalable : vergogna !

Le président iranien, Hassan Rohani, était en visite en Italie du 25 au 26 janvier 2016. Jusque là rien d’anormal. Il est même souhaitable que les relations diplomatiques entretenues entre les autorités européennes et les autorités iraniennes se normalisent, a fortiori avec le danger posé par l’émergence de l’Etat Islamique et la disparition progressive des nationalismes « arabes » laïques du Moyen-Orient. Ce qu’il s’est passé à Rome lors de la venue du président Rohani dépasse néanmoins allégrement les courtoisies d’usage imposées par les visites de délégations étrangères officielles.

 

En effet, les statues de nus antiques du Musée du Capitole de Rome étaient hier recouvertes de Burkas de carton. Une attention spécialement destinée à la délégation iranienne, susceptible d’être froissée par la vue de marbres représentant des corps humains dans le plus simple appareil. Cette décision procédait-elle d’une demande de l’ambassade d’Iran ou d’une anticipation d’un pays qui fut autrefois le phare de culture européenne ? Difficile à savoir car les parties concernées se rejettent la responsabilité de cette décision ubuesque.

 

Le président iranien assurait mercredi n’avoir jamais demandé au musée du Capitole de cacher ces statues sous des paravents. « Je sais que les Italiens sont très hospitaliers, un peuple qui cherche à rendre le séjour de ses invités le plus agréable possible, et je les en remercie pour cela » a ensuite déclaré Hassan Rohani.

 

De leur côté, les autorités italiennes ont tenu des propos contradictoires. Dario Franceschini, ministre de la culture, a ainsi estimé « incompréhensible » la décision de couvrir les statues. Il a poursuivi en déclarant : « Je pense qu’il y aurait eu d’autres façon de ne pas aller contre la sensibilité d’un hôte étranger aussi important. », assurant que ni lui ni Matteo Renzi n’étaient au courant. Ce geste témoignant d’un principe de soumission préalable à une culture étrangère est absolument détestable. Il serait, selon les journaux italiens, la conséquence d’une décision délibérée et autonome du bureau de l’Etat en charge du protocole.

 

L’important n’est d’ailleurs pas de déterminer qui a pris la décision de couvrir ces statues. Si l’Italie s’est soumise à une volonté iranienne, c’est minable. Si l’Italie a agi pour anticiper une gêne potentielle de son visiteur, c’est encore plus minable. Les cultures nationales et les valeurs de civilisation ne sont pas négociables. Les peuples européens doivent rester maîtres chez eux. Notre rapport au corps est différent de celui que connaissent les peuples musulmans. Nous n’avons pas les mêmes notions de pudeur. Ce qui est impudique en terre d’islam ne l’est pas forcément en Europe, et réciproquement. Si nous n’avons rien à leur imposer chez eux, nous n’avons pas à nous imposer des reniements chez nous.

 

Car Rome est aussi l’héritage de la France. Nous partageons avec l’antique Rome une même conception du droit, des institutions mais aussi des mythes, souillés par ces Burkas de carton. La France est une nation au carrefour des influences celtiques, germaniques et latines. Elle a son mot à dire lorsque Rome est dénaturée. La décision prise par le bureau du protocole est révélatrice de la profonde déchéance de l’Europe, effondrée de l’intérieur par des dirigeants frappés de « dhimmitude » qui ont tout cédé à l’américanisation et à l’islamisation. Une déchéance totale qui rappelle, à bien des égards, la lente chute de l’empire romain. Le moment que nous vivons est historique. Rarement notre continent connut pire abjection. Faut-il qu’à Rome l’on fasse comme les Iraniens ou les Qataris ? Non, à Rome il faut faire comme les Romains.

 

Nos invités ne sont pas forcés de boire du vin mais nous ne sommes pas obligés de les imiter ! C’était le cas lundi lors d’un déjeuner partagé entre Sergio Matterella, président de la République, et Hassan Rohani. C’est humiliant. Si nous ne sommes pas capables d’affirmer ce que nous sommes, nous serons bientôt morts.

 

Gabriel Robin – Secrétaire Général


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