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Modification des critères d’interdiction des films : un autre écran de fumée

Le gouvernement socialiste est passé maître dans l’art de la diversion. Il utilise constamment des effets de manche, sur des sujets dits « sociétaux », pour masquer la médiocrité de sa politique générale sur les sujets essentiels. Ce fut régulièrement le cas sous le ministère de Fleur Pellerin, notamment en créant de toutes pièces une micro polémique relative à l’interdiction aux mineurs du film Love de Gaspard Noé. Audrey Azoulay, nouvelle ministre de la culture, a annoncé vouloir réformer le système de classification des œuvres cinématographiques. Est-ce un sujet essentiel à l’heure où la démocratisation culturelle recule sous les assauts de la déculturation générale ? Certainement pas mais c’est ainsi que fonctionnent les socialistes, plongés dans leur bulle parisiano-parisienne.

 

Au cours de la remise d’un rapport rédigé par Jean-François Mary, président de la commission de classification des œuvres du Centre national du cinéma (CNC), Audrey Azoulay a précisé sa pensée : « Aujourd’hui les avis de la commission de classification sont soumis (…) à des aléas compte tenu des recours, s’agissant notamment des films interdits aux moins de 12 ans et aux moins de 16 ans qui deviennent interdits aux moins de 18 ans. Or, les enjeux sont très importants pour ces films ». Bien évidemment, la réforme ne vise pas les films strictement pornographiques qui resteront interdits aux mineurs, mais des films « classiques » comportant des « scènes de sexe non simulées ou de très grande violence ». Ce fut le cas récemment pour le film Love, ou, il y a quelques années, les films Antichrist de Lars Von Trier et Baise Moi de Virginie Despentes.

 

J’ai vu le film Antichrist, une œuvre au fort sous texte psychanalytique d’une grande violence et particulièrement choquant. Nonobstant la qualité formelle et la profondeur de réflexion du film, l’interdiction aux mineurs était parfaitement justifiée. Si ces films ne sont plus interdits aux mineurs, rien n’empêchera des professeurs de lycée d’y amener leurs élèves. Cela ne me semble pas du tout souhaitable.

 

Pourquoi changer des règles protectrices en les assimilant à de la censure ? L’interdiction d’un film aux moins de 18 ans n’équivaut pas à de la censure. En effet, le film reste autorisé aux plus de 18 ans. Pour qu’il y ait censure d’un film, il faudrait qu’il soit interdit de diffusion, y compris aux majeurs. En outre, certains films interdits aux mineurs ont pu, grâce à cela, accéder au rang d’œuvres cultes. On pensera à certains films de Pasolini ou Kubrick.

 

Quel intérêt y-a-t-il à autoriser à des mineurs des films qui leur paraîtront arides sur le plan formel, et, abscons sur le plan intellectuel, n’ayant souvent pas la maturité nécessaire pour en percevoir le sous texte ? J’aurais été traumatisé à la vue d’Antichrist en étant mineur, et n’aurais par ailleurs rien compris aux enjeux scénaristiques développés par Lars Von Trier.

 

Rappelons aussi que la pornographie s’est tristement banalisée avec internet, entrainant une relative distanciation des jeunes avec la sexualité. Le gouvernement socialiste se dévoile tel qu’en lui-même, c’est à dire « sociétaliste ».

 

Gabriel Robin – Secrétaire général


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