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Breum : l’extension du domaine de la censure

Marsault dessine très bien les tanks et les femmes (un peu à la manière de Coyote, dessinateur toulousain tristement disparu il y a un an tout juste). Vous pourriez me dire que c’est un bon début, mais ça n’est pas tout. Marsault est un dessinateur qui parvient à arracher un sourire aux observateurs les plus amers de la France d’après. Certes, l’humour de Marsault est un peu gras, légèrement franchouillard, aussi à l’aise avec le canon de 12 que les canons féminin(iste)s qui s’acharnent aujourd’hui contre quelques dessins très innocents. Ces mêmes féministes qui se taisent face aux imams salafistes qui aimeraient les condamner aux joies du ménage en burkini.

 

Il est plus facile de taper sur le joyeux plaisantin un peu beauf qui aime dessiner des kalachnikovs que sur ceux qui les manient dans la vraie vie. En même temps c’est assez logique, les islamistes sont les victimes ontologiques de l’affreux patriarcat occidental pour les tenants du marxisme culturel, dont les féministes sont assurément les meilleures représentantes. Juste après les viols de masse du nouvel an à Cologne, les ligues de suffragettes à cheveux roses et doc marteen’s se sont empressées d’excuser les violeurs et de pointer du doigt les sales réacs qui osent encore regarder les jolies femmes qu’ils croisent dans le métro. Bref, tout cela sent bon la naphtaline soixante-huitarde.

 

Comme le dit François Miclo pour Tak.fr, les multiples censures de la page facebook du dessinateur ne sont rien d’autre que l’application aux réseaux sociaux de la « jurisprudence Kouachi ». Le débat n’existe plus. Place à l’élimination pure et simple des gêneurs, des empêcheurs de penser en rond entre expatriés du réel. Marsault dérange parce qu’il dessine crûment ce qui fait rire beaucoup de français en secret. Il dévoile ce qui devrait être caché. Tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres.

 

Le problème est que ces « autres » ne peuvent pas ignorer l’existence de Marsault. Ils s’obligent à regarder quotidiennement ses dessins. Bien sûr, ils s’offusquent, ils se dégoûtent. Parfois, ils vomissent leur petit-déjeuner composé de graines pour oiseaux. À tel point, qu’ils finissent immanquablement par se « mobiliser » pour interdire un artiste de publier ses créations. So-li-da-ri-té, crient-ils face à la menace grandissante du « fascisme », du « populisme », des « réactionnaires », des amateurs de viande au barbecue et des derniers fumeurs de cigares cubains… Contre l’ennemi, tout est bon, surtout lui faire subir ce qu’on dénonce à longueur de journées dans des fanzines mal écrits.

 

D’abord, ils tapent Marsault, cible facile à l’humour potache. Ensuite, ils oublieront de défendre les auteurs menacés pour leurs écrits sur l’Etat Islamique, tels Hamed Abdel-Samad et Thierry Autefage . Enfin, ils brûleront les ouvrages de Voltaire, suspect de ne pas être assez « anti-raciste » ; de Flaubert, un peu trop misogyne ; ou de Balzac, trop déprimant pour un monde festif. Et un jour, un drone veillera à surveiller les propos que vous tiendrez dans des bistrots où l’on ne servira plus que de la bière sans alcool.

Bref : Breum à tous les cons. Y compris quelques défenseurs de Marsault, lesquels ont harcelé de la plus minable des manières une jeune femme qui avait appelé à la censure de sa page facebook. Un peu de mesure ne ferait pas de mal dans une société frôlant l’hystérie … pour des dessins.

Gabriel Robin – Secrétaire général


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