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Le Front National « bénéficie » toujours d’un traitement médiatique à part

Les sondages placent Marine Le Pen en bonne place au premier tour des élections présidentielles de 2017. Ces prévisions suscitent logiquement les craintes d’une partie de la classe médiatique, convaincue de la nécessité de lutter par tous les moyens contre ce mal ontologique qu’incarneraient les partisans de la souveraineté nationale et de l’identité retrouvée.

Depuis le début du mois de septembre, les articles à charge se succèdent. Dans les colonnes de la version numérique de Challenges, Bruno Roger-Petit ne fait pas mystère de sa haine presque hystérique du Front National. Souhaitant que les journalistes soient avant tout des militants politiques, de préférence contre la formation présidée par Marine Le Pen, le polémiste s’indigne de l’invitation faite par Cyrille Eldin à Florian Philippot :

« A la fin, il faut bien le dire à Cyrille Eldin: iI n’est pas possible de se lancer dans le journalisme politique sans conscience politique. Même dans l’infotainment. Même dans la satire. Même à la télévision. Même sur Canal Plus. Surtout sur Canal Plus. On a vu ce mardi le Petit journal, en sa version Eldin, recevoir Florian Philippot, le vice-président du Front national. Spectacle dérangeant. Gênant. Atterrant. »

Aussi fantaisiste que fumeux, Bruno Roger-Petit délivre frénétiquement les arguments d’autorité, se permettant d’affirmer que « Sur l’échelle des valeurs démocratiques, Mélenchon n’équivaut pas Philippot et réciproquement ». Cette phrase est doublement révoltante. D’abord, elle induit que Florian Philippot serait « moins démocrate » que Jean-Luc Mélenchon, ce que rien ne permet de prouver. Ensuite, elle contredit les meilleurs principes des démocraties libérales en sous-entendant que les « ennemis de la démocratie » ne devraient pas être traités à égalité en démocratie. Je ne me permettrais pas la facilité de vous expliquer que cet éditorialiste est petit, mais je n’hésiterais pas à écrire qu’il utilise la rhétorique gauchiste la plus éculée.

Pas de liberté pour les ennemis de la liberté (qui d’ailleurs, n’en sont pas), nous dit-il. Pas de traitement digne pour ceux qui défendraient une pensée politique considérée comme indigne par les propagandistes de la Pravda 2.0 des cerbères de la correction politique. Un message reçu cinq sur cinq par l’AFP où sévit un « spécialiste » du Front National qui nous avait tout de même habitués à mieux, Guillaume Daudin.
Dans une dépêche consacrée à David Rachline, sénateur-maire de Fréjus, le journaliste multiplie les remarques extrapolitiques, qualifiant le portraituré de « fêtard » ou émettant des considérations assez blessantes sur son physique. On peut se demander si l’AFP en fait autant avec les représentants d’autres formations politiques ? Un éditorialiste peut, voire doit, être impertinent. Attend-on la même chose d’un journaliste, supposé s’occuper strictement des faits ? Lit-on des dépêches AFP expliquant que François Hollande est « mou », que Nicolas Sarkozy est « petit », que François Fillon a perpétuellement l’air renfrogné ou bien que les tenues d’Emmanuelle Cosse ne sont pas toujours très élégantes ? Non. Et je rajoute : tant mieux. Pire, Guillaume Daudin fait état des origines juives de David Rachline, lesquelles ne regardent que lui. Aucun autre parti n’a droit à un tel traitement. Le Front National doit être traité comme les autres partis. Ni plus, ni moins.

Gabriel Robin – Secrétaire général


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