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En finir avec la tyrannie médiatique : un impératif

« Qu’est-ce que la France de 1840 ? Un pays exclusivement occupé d’intérêts matériels, sans patriotisme, sans conscience, où le pouvoir est sans force,  où l’élection, fruit du libre arbitre et de la liberté politique, n’élève que les médiocrités, où la force brutale est devenue nécessaire contre les violences populaires, et où la discussion, étendue aux moindres choses étouffe toute action du corps politique ; où l’argent domine toutes les questions, et où l’individualisme, produit horrible de la division à l’infini des héritages qui supprime la famille », dévorera tout, même la nation, que l’égoïsme livrera quelque jour à l’invasion ». Honoré de Balzac

 

En 1840, Honoré de Balzac dépeignait une France ressemblant cruellement à son héritière de 2016, à ceci près que les médias d’aujourd’hui ont un pouvoir sans commune mesure sur l’opinion.  Selon le dernier classement de Reporters Sans Frontières, relatif à la liberté de la presse dans le monde, la France dégringole de la 38ème place à la 45ème place. Le classement de l’association est établi « selon le critère du degré de liberté dont jouissent les journalistes », lequel est néanmoins évalué sur des critères discutables (87 questions posées aux professionnel, juristes et sociologues sur « une appréciation du pluralisme, de l’indépendance des médias, de la qualité du cadre légal et de la sécurité des journalistes dans ce pays »). Un net recul qui s’explique tant par un empilement de lois liberticides (la dernière en date étant la loi encadrant la liberté d’expression sur les internets), que par la main mise de certains partis politiques sur la presse quotidienne régionale, ou bien encore par la concentration de médias d’envergure entre les mains de quelques grandes fortunes, lesquelles empêcheraient notamment l’établissement d’une loi protégeant les sources. Si l’on ajoute à ce constat cruel la nature politique du personnel journalistique français, l’ensemble forme un quatrième pouvoir qui nous soumet à une véritable « tyrannie médiatique ».

Montesquieu, tourmenté par les dangers du despotisme et de la privation de libertés, a développé, dans son ouvrage fondamental de la pensée politique française De l’Esprit des Lois, l’idée de la « séparation des pouvoirs ». Il existe trois types de pouvoir : l’exécutif (confié au gouvernement), le judiciaire (confié aux juges) et le législatif (confié en France aux représentants élus du peuple au parlement, ou directement au peuple lors des référendums). Cet équilibre tripartite fonde les relations de notre société. En effet, si l’exécutif exerçait aussi le pouvoir judiciaire, aucun contrôle de l’action publique ne pourrait être mis en œuvre. La tyrannie médiatique pose un double problème. Dans une société moderne, les médias diffusent, et commentent, les décisions des trois autres pouvoirs. Les médias exercent donc un quatrième pouvoir, celui de l’ « opinion », car leurs commentaires influencent le choix du peuple quand il vote. Pour cela, les médias doivent être réellement indépendants des trois autres pouvoirs, au risque de fausser l’équilibre démocratique théorisé par Montesquieu. Deux enjeux : est-il acceptable que les médias exercent un quatrième pouvoir, que rien ne saurait pourtant justifier sur le plan politique ? Si oui, et que rien ne peut l’empêcher, comment séparer ce quatrième pouvoir des trois autres, et d’un cinquième, celui de l’argent ? Ce quatrième pouvoir est constitué par l’ensemble de la presse, et des médias, mais aussi, de nos jours, par l’ensemble des moyens de communication. Est-il normal qu’il puisse servir de contre-pouvoir alors qu’il n’est pas représentatif de quoi que ce soit de tangible, ou de clairement défini par le droit ? C’est une question présentement posée à tous les Etats modernes.

Si les médias représentaient fidèlement la société civile, on pourrait se réjouir de leur pouvoir. Malheureusement, ils sont interdépendants des responsables politiques, et des puissances d’argent, consciemment ou inconsciemment. C’est ainsi que des problématiques majeures sont souvent présentées de manière tronquée, et que le langage utilisé dans la presse s’autocensure invariablement sous les traits d’une « novlangue » politiquement correcte, qui aurait tout lieu d’être si elle était contrebalancée par un langage moins policé. Les exemples sont multiples, quotidiens et encouragés par les patrons ou leurs hommes liges. En avril dernier, Christophe Barbier, rédacteur en chef de L’Express, demandait à ce que le Front National soit « démoli ». Est-ce là de la neutralité ou un militantisme assumé ? Sur ordre ? Sur connivence naturelle ? Peut-être un peu des deux. Le monde présenté au public n’est pas le monde tel qu’il est, mais le monde tel que le pouvoir « voudrait qu’il soit ». Cette nouvelle société du spectacle, et du spectaculaire, se renforce grâce à la dictature du « on », dénoncée par un philosophe comme Martin Heidegger. Pour les médias « on » a raison, mais « on » n’est personne. « On » est l’opinion générale, abstraite, parfois mensongère ; laquelle se confond aujourd’hui entièrement avec les médias, puisque ces derniers en sont les prescripteurs. Il n’est donc pas souhaitable, au fond, que les médias aient un tel pouvoir car ils ne sont pas représentatifs. Mais la réalité n’est pas idéale, et il faut se confronter à l’existant : les médias sont le quatrième pouvoir. Comment, alors, faire en sorte que ce pouvoir soit en équilibre avec les autres ? Déjà, en brisant la relation symbiotique qui le lie au personnel politique, et à l’argent.

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Comme l’a souligné un jeune journaliste au Parisien : « En contrôlant tous les médias, les milliardaires ont une prise directe sur ce qui va être la vérité ». Plusieurs grandes fortunes nationales sont en train de constituer des empires médiatiques. On pense bien évidemment à Vincent Bolloré, régulièrement accusé de censurer des reportages, ou à Patrick Drahi, dont la fortune semble tenir sur un endettement colossal. Pour qui sait se projeter dans l’avenir, tout cela ressemble pourtant à une fuite en avant. Les médias connaissent, en effet, des bouleversements économiques majeurs, en partie causés par une progressive remise en question de la verticalité des informations.

Une chaîne comme M6 n’est évaluée qu’à 250 millions d’euros, alors que l’application Snapchat l’est à plus de 16 milliards d’euros : symptomatique de bouleversements dont nous ne mesurons pas encore les conséquences. Bouleversements provoqués par les nouvelles technologies qui permettent à tout un chacun de devenir un acteur de l’information. Twitter, Periscope ou Facebook modifient les habitudes de consommateurs passifs, transformés en intervenants directs. Pour le meilleur, parfois ; pour le pire, aussi. Mais c’est là un tout autre débat. Une chose est certaine : les professionnels des médias doivent se remettre en question. Cela passe notamment par le fait d’assumer un véritable pluralisme idéologique, pour lors absent d’une majorité des journaux, radios et chaînes de télévision. Nos responsables politiques semblent n’en avoir cure, persistant à demeurer sourds aux changements de paradigmes. À un an des élections présidentielles, certaines décisions interpellent. Les socialistes, associés aux « Républicains », ont par exemple fait passer une loi qui réduira considérablement le temps de parole des petits candidats à l’élection présidentielle. Il était pourtant traditionnel, en France, de ne pas réduire les débats à une simple confrontation entre deux partis aux idées proches, voire parfois voisines. Plutôt que de réduire les soupçons de collusion en proposant des mesures à même de rendre les médias plus indépendants, et pluralistes, les deux grands partis renforcent leur fermeture.

Alors qu’ils devraient être exemplaires, les médias publics ne sont pas non plus exempts de reproches. En témoigne le dossier du journal Marianne consacré aux « médias sous influences ». Le Président de la République y est soupçonné d’exercer une pression politique sur le groupe France Télévisions, destiné à servir la majorité pour les prochaines échéances électorales. Des bruits de couloir font état d’une subtile manœuvre élyséenne lors des nominations des principaux dirigeants des médias publics, comme nous l’avons plusieurs fois dénoncé, que ce soit à la tête de l’AFP l’an passé, ou à la tête de France Télévisions avec Delphine Ernotte. Plus inquiétants encore, les nombreux articles de presse qui ont révélé que les équipes de François Hollande auraient pu intervenir sur le choix des Français, sélectionnés pour interroger le président au cours de l’émission « Dialogues Citoyens ». Preuve d’une défiance généralisée, les journalistes du groupe eux-mêmes sont montés au créneau en votant contre Michel Field (directeur de l’information), au cours de l’assemblée générale du 14 avril 2016, au nom de l’ « indépendance du service public ». Si les sondages montrent que les Français sont de plus en plus critiques envers les médias, il est relativement nouveau de voir les journalistes, et les cadres intermédiaires, s’émouvoir d’un manque de liberté éditoriale.

 

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Nous aurions pourtant tort d’exempter les journalistes de toutes critiques. Ils sont les chevilles ouvrières de la tyrannie médiatique. Anne-Sophie Mercier, célèbre journaliste française qui a longtemps collaboré à Charlie Hebdo, disait ainsi : « Je suis pour une société de tabous. Je ne suis pas pour une société de la parole libérée. Je ne suis pas pour qu’on donne la parole au peuple ». Le petit personnel médiatique se recrute principalement à gauche de l’échiquier politique. Une enquête réalisée en 2012 par Harris Interactive pour le magazine Médias révélait que 74 % des journalistes présents avaient voté à gauche au premier tour des dernières élections présidentielles. Seuls 3 % d’entre les sondés avaient ainsi avoué voter Marine Le Pen ! Un chiffre risible si on le rapporte à l’ensemble de l’électorat. Si cette enquête portait sur un échantillon assez réduit, elle ne surprenait guère, confirmant les résultats de précédents sondages et simulations électorales dans les écoles de journalisme. Les candidats de droite classique étant tous éliminés au premier tour en faisant des scores ridicules, très éloignés de ceux qu’ils ont vraiment réalisés. Le politologue Roland Cayrol expliquait à la susnommée revue Médias que les journalistes se rapprochaient « des catégories sociales et intellectuelles les plus intégrées à la culture de gauche, les enseignants et les chercheurs » étant majoritairement issus de cursus d’histoire, de lettres ou de sciences politiques. Les salles de rédaction des journaux dits de droite sont elles-aussi remplies de journalistes de gauche. Cela vous paraitra certainement surprenant mais Eric Zemmour et Ivan Rioufol ont souvent rapporté être ostracisés à la rédaction du Figaro, catalogués « fachos » et méprisés par leurs collègues qui refusent parfois de les saluer ! Dans ces conditions, qui pourra encore s’étonner du traitement partial des actualités ? Tous les journalistes français semblent, en effet, être convaincus de la nécessité d’accueillir les « migrants », de la catastrophe que représenterait le Brexit ou de la supériorité naturelle de la candidate Hilary Clinton.

Incestueux, le monde des médias se complait dans le rejet d’une partie de la population, forcément mal pensante, inculte et dangereuse. Il faut donc la rééduquer à toute force, c’est « pour son bien ». Des journalistes omniscients et omniprésents fabriquent le consentement de l’opinion publique, la conditionnent à la manière des régimes totalitaires. Ils sont partout et savent tout mieux que vous. Si votre instinct vous dit que Marwann Muhammad du Collectif contre l’islamophobie en France n’est pas animé des meilleures intentions envers notre identité historique quand il affirme que l’islam est « une religion française », que le foulard « fait partie des tenues françaises » et que « Mohammed est un prénom français », un éditorial du Monde se chargera de vous expliquer que l’homme est un « porte-voix combatif des musulmans », le présentant sous les traits d’un homme qui « compte » dans la société française. Spécialistes des éditos engagés contre les « ploucs », pour reprendre l’expression favorite de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni si l’on en croit l’ouvrage La Cause du Peuple de Patrick Buisson, les équipes du journal Le Monde assènent les arguments d’autorité comme autant de vérités gravées dans le marbre du bon sens partagé entre gens comme il faut, entre expatriés du réel. Dernièrement, ils annonçaient qu’aucun responsable du Front National ne pourrait publier dans le journal tout en demandant aux Français de faire face aux grands défis de l’intégration des « migrants »,  ces derniers étant destinés à venir en masse dans le pays sans qui que ce soit ne puisse s’y opposer. Malhonnêtes, les journalistes masquent leurs opinions sous le vernis de l’expertise, n’assumant pas leur subjectivité manifeste.

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Voilà pour la partie aimable, quand les journalistes essayent de faire œuvre de pédagogie pour assurer le triomphe de l’Empire du bien. Lorsque les Français se montrent rétifs et refusent de se soumettre, ils emploient des méthodes autrement plus violentes, censurant sans sourciller les voix dissidentes. Le groupe Midi Libre s’en est fait une spécialité, ne relayant jamais les opinions contraires à celles officiellement défendues par son riche patron ou les présentant accompagnées d’une introduction à charge. France 3 Midi-Pyrénées s’est aussi illustrée en censurant tous les commentaires défavorables à l’accueil des « migrants » qui s’accumulaient sur le site internet de la chaine après la publication d’un documentaire de pure propagande. France 3 ne se contente plus de présenter ces hommes comme des « migrants », ce qu’ils ne sont d’ailleurs pas, au juste, mais comme des « réfugiés », ce qu’ils sont encore moins. Adossée au pouvoir, la chaine publique entretient volontairement la confusion entre l’immigration légale et l’immigration illégale. Il est plus difficile, moralement, de s’opposer à l’accueil d’un « réfugié » qu’à celui d’un clandestin…

Comme il fallait s’y attendre – sauf quand on vit en vase clos totalement déconnecté des réalités d’existence des Français -, les réactions ont été virulentes. Une certaine Katia Thomas a par exemple écrit : « Où sont les femmes et les enfants ???? L’Etat n’a toujours pas compris qu’on ne voulait pas d’eux. Les hommes de ces pays ont été élevés avec leurs coutumes. Dont une des principales est le rabaissement de la femme. Aucun respect pour elles. Nos enfants, nos filles, on leur doit la protection. Et ce n’est pas en acceptant ces gens-là qu’on va leur apporter ». D’autres internautes ont été livrés en patûre à la vindicte des bisounours staliniens du web. Leur crime, avoir écrit « L’invasion est en marche » ou s’être demandés « Et combien de terroristes dans le lot ??? »…  Les journalistes de France 3 ont tout fait pour juguler la « mare d’immondices » qui s’abattaient sur la région Midi-Pyrénées, estimant que la France était depuis toujours « une terre d’asile » – de fous, probablement – ; au mépris du contexte et de l’histoire de notre pays dont la population avait très peu changé depuis la conquête de la Gaule par César avant les grandes migrations des quatre dernières décennies… Katia Thomas a été psychiatrisée alors qu’elle ne faisait que rappeler un épisode récent qui a choqué les Européens : les viols du Nouvel An, à Cologne et ailleurs, perpétrés par ces fameux « réfugiés ». Quant au fait que des terroristes puissent se cacher parmi les « migrants », c’est une réalité que nous avons chèrement payée l’an passé lors des attentats atroces qui ont visé le Stade de France et la salle de concert du Bataclan.

Les journalistes de France 3 Midi-Pyrénées ne toléreront à l’avenir que les messages favorables à l’immigration, sans penser une seule seconde que leurs généreux salaires sont versés grâce à la redevance, financée par les personnages « haineux » qu’ils ont publiquement dénoncés. Savez-vous que selon un rapport de la Cour des comptes, 191 salariés de France Télévisions toucheraient plus de 120.000 euros bruts par an et 547 d’entre eux plus de 96.000 euros bruts par an ? Représentant 79 % du personnel technique et administratif du groupe, contre 18 % de la population active en France, les cadres sont très grassement rémunérés. Pour la Cour des comptes, qui appelle à une réduction drastique des charges, la gestion de France Télévisions est insuffisamment rigoureuse. Pourtant, les journalistes continuent à nous donner des leçons, tapant durement sur les « ploucs » que nous serions sans s’attarder sur le racisme anti-français ordinaire des oligarques qui nous gouvernent. Auteur d’une admirable étude des mœurs de l’élite, Patrick Buisson montre bien que les Français du peuple sont déconsidérés au plus haut sommet de l’Etat ; Carla Bruni ayant parlé au cours d’un dîner du « vieux sang pourri » des chtis qui feraient mieux de se métisser fissa pour que la France ressemble enfin au Brésil, pays le plus criminogène de la planète. Magyd Cherfi, toujours lui, disait chez Ruquier que les Français avaient un « devoir d’empathie » vis à vis du tueur Mohamed Merah. Des informations qui n’intéressent pas les journalistes français, préférant nous expliquer que les « migrants » pourraient sauver le foot de village…

 

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Les super gentils du service public, et les autres, prennent les Français pour des idiots. Militants politiques à la manière trotskyste, ils défendent chèrement l’hégémonie culturelle que la réalité leur dispute. Nous devons abattre ce quatrième mur. Cette lutte essentielle devrait concerner toute la population, trop longtemps restée docile. Comprenons que les médias confondent volontairement leur opinion et l’information. Les Français doivent se libérer de l’emprise mortifère que les nouveaux clercs ont sur eux. Certes, leur parole est de plus en plus remise en question. Mais cela n’est pas suffisant. Les médias d’opinion doivent être connus pour ce qu’ils sont. Il est donc temps de réduire la capacité de nuisance du quatrième pouvoir, et pour cela, rien de tel que de le libérer des trois autres. Cela peut paraître paradoxal, mais les médias joueraient mieux leurs rôles, si leur place dans l’ordre juridique et social était mieux définie. D’abord, il faut dévoiler les relations, quasi incestueuses, qu’entretiennent certains médias avec les pouvoirs publics (voir le cas du Groupe Midi Libre, propriété de la famille Baylet). Par souci de transparence, les aides, directes et indirectes, attribuées à la presse par une collectivité locale, ou ses filiales,  devraient être publiées annuellement par chaque média dans ses colonnes ou dans celles de ses sites internet. Ensuite, il faut clarifier les procédures de nomination des exécutifs des grands médias publics. Assez du népotisme anti-méritocratique, du copinage qui entretient la servilité. Enfin, il convient d’encourager les initiatives horizontales prônées par les médias collaboratifs et pluralistes. Ces nouvelles entités représentent l’avenir de l’information. La verticalité vaut pour l’Etat, pas pour l’information qui se diffuse naturellement de façon rhizomatique dans les sociétés complexes.

 

Gabriel Robin – Secrétaire général 

 

Lien : https://www.politicregion.fr/signatures/gabriel-robin/notre-redevance-au-service-de-la-propagande-de-la-gauche-pro-migrants-le


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