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Jean-Michel Baylet : en finir avec les monopoles médiatiques

Connaissez-vous Jean-Michel Baylet ? Auparavant, sa notoriété restait principalement circonscrite au seul Grand Sud-Ouest de la France. Certes, l’homme s’était présenté aux primaires de la gauche pour l’élection présidentielle de 2012 en tant que président du Parti radical de gauche. Bon dernier, il avait obtenu 17.055 voix pour 0,64 % des suffrages. Cette candidature fantoche au nom d’un parti fantomatique hors de ses terres lui aura néanmoins permis de s’inscrire plus concrètement dans le jeu interne de la gauche de gouvernement.

Héritier d’une vieille lignée radicale-socialiste ayant fait fortune dans la presse quotidienne régionale, Jean-Michel Baylet a dirigé, du 23 mars 1985 au 2 avril 2015 (!), le conseil général de Tarn-et-Garonne. Véritable palais ducal meublé notamment avec des fauteuils à plus de 3.500 euros la pièce, le bâtiment qui abrite le conseil général comprend un bureau de plus de 100 m2 construit pour son ancien président… L’actuel ministre de l’Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales fut aussi maire de Valence-d’Agen dès 1977, avant de cumuler fonctions officielles, titres et prébendes sans jamais prendre de pause (député de la 2e circonscription de Tarn-et-Garonne, sénateur de Tarn-et-Garonne).

Sorte de Rupert Murdoch cassoulet, Jean-Michel Baylet est un patron de presse madré possédant un monopole de fait sur l’information locale en région Occitanie. Mettant son groupe Midi libre au service de ses amis socialistes, il a pu ainsi obtenir un ministère et une bonne place pour une amie « proche », Sylvia Pinel. Ses journaux n’ont que faire de l’opposition politique locale, l’ignorant ou la calomniant comme c’est le cas pour le Front national ou Robert Ménard.

Jean-Michel Baylet aurait, toutefois, dû méditer les écrits de Nicolas Machiavel pour qui « l’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps ». En effet, si tout allait particulièrement bien pour le féodal Occitan ces derniers mois avec l’élection de la transparente Carole Delga à la tête de la nouvellement formée région Occitanie, il semblerait que Jean-Michel Baylet soit désormais dans l’œil du cyclone.

Première affaire engageant toute la mafia rose occitane : l’attribution, par marché public, de la publication du journal du conseil régional d’Occitanie pour un montant indicatif (!) de 4.320.000 euros, quand il était de 2.800.000 euros précédemment, au groupe Midi libre. Un scandale absolu. D’abord, Midi libre pourra gonfler ses émoluments sans lancer la moindre consultation puisque le marché obtenu est « sans minimum ni maximum ». Ensuite, le groupe aveyronnais Maury (éditeur de Paris MatchLe PointFrance FootballGalaLibération) aurait présenté une offre inférieure de 400.000 euros et plus écologique. Les habitants de la région seront heureux d’apprendre qu’ils ont fait cadeau de plusieurs centaines de milliers d’euros à une famille multimillionnaire.

La deuxième affaire qui revient hanter Jean-Michel Baylet est vieille de 14 ans. Récemment rappelée par la députée écologiste Isabelle Attard à l’Assemblée nationale, l’histoire est particulièrement glauque. En 2002, Jean-Michel Baylet aurait agressé physiquement son assistante parlementaire, lui cassant des dents. Dans son ouvrage Face à la calomnie, publié en 2005, Dominique Baudis rapportait également cette sombre affaire qui ne surprendra pas les Toulousains, montrant le vrai visage d’un homme qui s’était fait ses choux gras de la situation injuste dans laquelle s’était retrouvé l’ancien édile de la ville.

Jean-Michel Baylet représente cette politique politicienne qui n’a jamais retourné son tablier, agissant toujours pour ses intérêts de classe. Il faut démettre ces féodaux qui confisquent l’opinion, se croyant tout permis par la grâce d’une heureuse naissance. Libérons l’information en Occitanie. J’écris, par exemple, pour Politic Région, un nouveau média régional qui ambitionne de rétablir le pluralisme des sensibilités intellectuelles et politiques dans une région où la parole est confisquée.

Gabriel Robin – Secrétaire général

 

Lien : http://www.bvoltaire.fr/gabrielrobin/jean-michel-baylet-un-grand-feodal-a-demettre,288982


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